NOVALIS 2008

RÉCEPTION DE NOVALIS EN FRANCE

 

 

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Mise à jour : 31 janvier 2009

 

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Le présent projet éditorial ambitionne de réunir les articles qui ont été consacrés en France à l’œuvre de Novalis depuis 1831 jusqu’en 1900, et, dès lors qu’ils n’ont pas fait l’objet d’une réédition récente, comme l’Introduction aux Fragments, de Maurice Maeterlinck, rééditée aux éditions José Corti en 1992, de les proposer en ligne aux lecteurs francophones. Ce sont par conséquent soixante-dix ans d’une réception qui passe également par les premières traductions en langue française des romans et des poèmes du poète romantique allemand qui seront mis à la disposition des admirateurs de Novalis, de ces pèlerins d’Orient qui, aujourd’hui encore, à la manière de ces premiers découvreurs de son œuvre, attendent qu’elle les inspire dans leur propre cheminement intérieur.

Réception de Novalis en France

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PUBLICATIONS

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Teodor de Wyzewa, « Le poète Novalis », Revue des Deux Mondes, Paris, 1e novembre 1900

Dans son livre De l’Allemagne, - qu’il paraît avoir écrit surtout pour déprécier, aux yeux du lecteur français, les poètes allemands ses confrères, - Henri Heine consacre à Novalis un petit chapitre dont on a vanté souvent la piquante et gracieuse ironie. Après avoir dit que « le véritable nom de ce poète était Hardenberg, » et après avoir donné sur sa vie et son œuvre quelques renseignemens, pour la plupart inexacts, il raconte qu’il a connu autrefois une jeune Allemande qui admirait Novalis...

Comte de Montalembert, Mélanges d’art et de littérature, Paris, 1831

Souvent nous avons promis à nos lecteurs de leur révéler en détail ce qu’il y a de catholique dans cette vaste littérature d’outre-Rhin, mine immense où peuvent creuser à leur gré toutes les croyances, toutes les imaginations, toutes les fantaisies de l’homme, sûres d’y trouver à chaque pas d’inépuisables richesses et des merveilles sans cesse renaissantes...

Henri Albert, « Novalis », Mercure de France, tome XVI, 1895

Il faudrait refaire l’histoire des théories littéraires des dix dernières années pour comprendre le prestige exercé sur quelques esprits de ce temps par le poète allemand connu sous le nom de Novalis.

Eugène Lerminier, Extrait d’Au-delà du Rhin, Bruxelles, 1835

« A ceux qui doutent encore que la philosophie et la science des idées puissent élever dans l’âme des émotions tragiques et décider de la vie, il faut montrer Novalis. »

« La Fleur bleue de Novalis », Le Magasin pittoresque, 1857

« Novalis est pour les Allemands un nom si pieusement, si tendrement aimé, la grave Allemagne l’a traité avec une affection si paternelle, qu’on a recueilli sur sa vie les moindres détails. »

[Xavier Marmier], « Frédéric de Hardenberg, dit Novalis », Nouvelle Revue Germanique, 1831

Fréderic de Hardenberg est un des auteurs les plus originaux que l’Allemagne ait produits ; il mourut cependant trop jeune pour que son génie poétique pût se développer dans toute sa vigueur et dans toute son originalité. Les ouvrages qu’il a laissés ne sont pour la plupart que des fragmens. C’est peut-être ce qui explique pourquoi cet écrivain est si peu connu en France, quoiqu’il réunisse au plus haut degré ce qui caractérise les grands poètes de la Germanie moderne....

Saint René-Taillandier, « Novalis », Dictionnaire des Sciences philosophiques, Hachette, 1849

NOVALIS. L’histoire de la philosophie allemande présente, à la fin du XVIIIe siècle, un écrivain enthousiaste, un penseur subtil et charmant, qui occupe, au-dessous des métaphysiciens illustres, une place à part...

Louis Lebrun, « Un Allemand d’il y a cent ans », La Nouvelle Revue, novembre-décembre 1886

« Le romantique d’outre-Rhin naquit comme verdit le sol sous une pluie printanière. Pluie d’avril qui fait s’ouvrir les premiers bourgeons aux arbres, éclore marguerites et violettes dans les prés. Ses œuvres sont comme des lilas en fleur, elles vous montent doucement à la tête, en songes et en rêveries. Un souffle d’enthousiasme, de jeunesse et de confiance anime les écrits de ces jeunes dieux qui s’en vont, étonnés, ravis de leur propre existence, suivant leurs visions et respirant le parfum de leur propre cœur, dont ils font leurs délices. »

[Xavier Marmier], « Henri d'Ofterdingen », Nouvelle Revue Germanique, 1831

« Les parens [sic] couchés dormaient encore, l’horloge sonnait l’heure avec un bruit uniforme, les fenêtres cliquetaient et le vent sifflait au-dehors, la chambre s’obscurcissait tout à tour et s’éclaircissait par les rayons de la lune. »

Xavier Marmier, « Novalis (Fréderic de Hardenberg) », Nouvelle Revue Germanique, 1833

« Ce n’est pas sans un sentiment de crainte et de vénération que j’entreprends d'écrire cette biographie. Novalis est pour moi comme une de ces saintes reliques placées au fond d’un sanctuaire. Si on les regarde de loin, on ne les connaît pas ; si on y touche d’une main trop hardie, on les profane. Car voyez cette âme vierge et profonde de poète qui se referme avant que d’être assez mûre ; ces œuvres de génie qui s’interrompent brusquement dans le moule où elles étaient jetées ; cette vie qui tombe encore chargée de fleurs ; cette voix pleine de vie et de religion qui ne rend plus qu’un son douloureux et devient muette : tout cela ne mérite-t- il pas grand respect et grande pitié ?

Aucun poète n’a pénétré plus avant dans les mystères de la vie intérieure que Novalis. »